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Abordant la question du mariage
chez les berbères, E.Laoust écrit : « les
fêtes les plus appréciées par les
berbères sont celles données au cours des
différentes cérémonies du mariage »
Chez les Ait Taznakhte, ses fêtes, globalement
dénommées par le terme « tamġra »,
s'échelonnent souvent sur une semaine et plus (sans compter
les préparatifs qui demandent plusieurs jours) et donnent
lieu à des soirées chantantes qui se terminent
toujours par la danse d' « ahwas ».
En fait, des femmes dites «timzwarin » y ont un
rôle primordial dans la conduite du rituel : elles chantent
« tazrrart » et dansent l' « ahwaŝ".
Forte ressemblance et rare différence marque la
célébration de ces fêtes chez les Ait
Taznakhte. Bien que le protocole varie d'une région à
l'autre, ces berbères partagent le plus souvent les
mêmes coutumes de mariage «lcwayd ».
Cet article a pour seule ambition de décrire les
différentes cérémonies occasionnées par
le mariage, une description témoignant d'une richesse de
nomenclature.
2-Description du processus du mariage
Après avoir choisi celle qu'il désire épouser,
le jeune homme fait part de ses intentions à ses parents
souvent par l'intermédiaire d'un ami, amdalb . Les parents
se chargent d'un pain de sucre et d'un bracelet, abzg, font le
chemin, réclament la parental de la jeune fille et
proclament : « infgiwn igan win rbbi », hôtes de
Dieu. Les parents de la jeune fille leur souhaitent la bienvenue et
leur offrent à manger et à boire, après
quelques paroles échangées, ils exposent le but de
leur visite. Leur démarche agrée, il reste au
père de prétendent de faire la démarche
officielle au cours de laquelle se discuteront les conditions du
mariage. Il est accompagné d'une bande de femmes et d
‘hommes, munis de cadeaux. Ils consistent en petits objets de
coquetteries, en henné et, le plus souvent, en
vêtements pour la futur ainsi que pour ses parents.
Les hommes s'isolent dans une chambre réservée aux
hôtes, tamsriyt, c'est après avoir bu quelques verres
de thé qu'on procède aux formalités des
fiançailles. L'argent, les bijoux, les
céréales et les vêtements constituent la dote
proprement dite, « amrwas ». La discussion
achevée et l'accord existe désormais entre les deux
familles, on fixe la date du mariage.
Les deux familles entament leurs préparatifs et avertissent
leurs familles et leurs proches. De son coté, le
fiancé, qui portera dorénavant le nom d'asli et qu'il
conservera durant toutes les fêtes qui succéderont,
adresse d'autres cadeaux à sa promise : deux paires de
babouche idukan, un ahayk et d'autres vêtements.
Axgg°as est le nom donné à la première
cérémonie. Elle a pour principal objet de
préparer le grain nécessaire aux repas qui seront
servis aux invités. Elle a lieu dans les deux maisons
concernées avant le jour du mariage d'une semaine. Voici
comment l'on procède chez les Ait Douchen : Sur une natte
étendue au milieu de la cour, arhbi, on dépose un
grand bissac rempli du mais et d'orge, imndi, et une meule à
bras, azrg.
Pour moudre le grain, il est d'usage de solliciter l'aide de trois
femmes dites timzwarin et trois hommes, imzwura .Chaque couple
jette trois poignées d'orge dans l'oeillard du moulin
à bras et le fait tourner trois fois en poussant des
you-yous.
Chez les Ait Ouagherda, la cérémonie porte le nom
d'afran . Les timzwarin y ont un rôle indispensable. On les
fait asseoir sur une natte, agrtil, étendue au milieu de la
cour sur laquelle on a déposé du sucre, un peu de sel
et un bracelet que l'on mêle au grain. Puis on remet à
chaque tamzwart un plateau d'alfa, isg°i, pour cibler. Avec
l'apparition du bracelet, elles se précipitent à sa
recherche. Celle qui parvint à le prendre est honorée
de le mettre trois jours pour le rendre ensuite à sa
propriétaire. Ainsi le veut la coutume. L'après-midi,
on remet, le blé et l'orge aux voisines en les priant de le
moudre et de le cibler chez elles.
La nuit du même jour, on procède à une
première toilette de la fiancée, absay . On la fait
asseoir dans un coin (souvent droite) d'une chambre qui lui est
réservée, ahanu n-tslitt. On la pare soigneusement,
on la teint au henné puis on tresse ses cheveux.
Les parfums, tujjutt, on les prépare d'une manière
traditionnelle. Dans une sorte de courge longue qu'on fait
sécher, qu'on troue à l'une de ses
extrémités pour en nettoyer l'intérieur, on
met des encens, lbxur, du girofle, lqrunfl, puis on mêle le
tout de l'eau chaude.
C'est aussi le jour de la construction du four à pain,
tafrrant. Elle est confiée encore une fois aux timzwarin qui
le bâtissent elles-mêmes avec des pierres et de
l'argile. Ainsi fini, on leur sert du thé.
Avant le jour du mariage, la fiancée choisit sa demoiselle
d'honneur, tanbdadt, souvent une négresse, tawayya, qui
l'assistera durant les différentes cérémonies
du mariage. De son côté, le fiancé choisit ses
garçons d'honneurs, imsnayn, parmi les influents et qui vont
lui amener la mariée. Ils sont souvent au nombre de dix
(cinq hommes et cinq femmes).
La nuit de jeudi ou de dimanche, considérée comme
jour faste, la fiancée doit quitter définitivement la
maison maternelle. Le cortège des imsnayns envoyés
par le mari se dirige vers la maison de la promise en compagnie de
la mule qui la transportera. A leur arrivée, ils trouvent
les gens de la famille de la mariée qui les attendent.
Après avoir souhaité la bienvenue aux hôtes, on
les fait introduire dans la maison, on leur sert un grand repas,
puis les hommes s'isolent dans une pièce pour
procéder aux formalités de l'établissement de
l'acte de mariage en présence d'un lcadl. Les mandataires
parlent les mains posées sur un plateau d'alfa, tisgg°it
n-nnikah(plateau du fiançailles), contenant du henné,
quelques dattes, quelques amandes, tixalxalin, trois petits miroirs
et trois peignes. On rédige l'acte, puis un ttalb
récite une fatha écoutée avec gravité.
Le mariage par ce fait est officiellement consacré, une
femme pousse des you-yous annonçant la proclamation des bons
asdar n-nnikah. Avant de sortir, les hommes ont coutume de jeter
leurs oboles dans le plateau que la tanbdatt apporte à la
mariée.
Dans l'autre côté, la fiancée est
entourée des femmes insérant notamment celles
envoyées par le mari qui procède à sa
toilette, elles la teignent au henné, déjà
pillé et déployé avec de l'eau chaude, lui
mettent ses bijoux : le bracelet, abzg, le diadème au front,
amhawl, puis elles la revêtent de ses nouveaux habilles.
Juste avant son départ, on fixera devant son visage un voile
de couleur rouge, tasbniyt, qu'elle gardera jusqu' à la fin
des noces. Les femmes qui l'entourent chantent les courtes strophes
de tazrrart (tazrrart de départ).
Le moment venu de conduire la mariée à la maison
maritale, amsifid, son frère ou l'un de ses proches, la fait
sortir et l'invite à s'asseoir et à se dresser trois
fois en lui adressant la parole : « awi rrzq-nm tflt win-nnag
», (prend ton destin et laisse le nôtre).On la hisse
ensuite sur la mule sellée d'un tapis et d'un ahayk, puis on
fait monter un garçon (dont les parents sont en vie) devant.
Et voilà le cortège qui se dirige vers la maison du
mari entouré des proches et de la famille de la
mariée, précédé des imsnayn et
avancé de sa tanbdatt qui tient la bride. La coutume veut
que la mère n'accompagne pas sa fille le jour de son
départ.
Lorsqu'on atteint la maison du futur époux, un amsnay
soulève la mariée. Chez les Ait Ouagherda, c'est sa
demoiselle d'honneur qui la transportera sur son dos et
l'introduira à la maison conjugale. Sa belle-mère lui
présente du lait qu'elle crache sur le monde qui l'entoure.
La tradition veut qu'ils se méfient de ses craches.
Chez les Ait Douchen, la belle-mère présente à
la mariée quelques poignées d'orge qu'elle sert
à son tour à la mule pour l'avoir transporté.
Le fiancé, quant à lui, il est entouré de
quelques jeunes hommes de même âge que lui, vêtus
de même habilles, on agit de sorte que l'on ne puisse
reconnaître le fiancé dissimulé dans le groupe.
Il tentera de frapper la mariée protégée par
les femmes.
Les deux mariés s'introduisent à la chambre nuptiale,
puis on leurs sert un plat de couscous, sksu, en présence
d'une tamzwart et un amzwar.
Quant arrive la nuit, le mari consomme le mariage. Si la femme est
reconnue vierge, il y a tag°rit (faite par les you- yous d'une
femme). Puis, il appartient à sa demoiselle d'honneur de
montrer aux parents du jeune homme le pantalon de la mariée
lâché du sang. En convie les invités qui
peuvent se réjouir de toute sorte de plats pour passer
ensuite à la danse d'ahwas qui dure jusqu'à l'aube.
Le lendemain, on baigne la mariée, puis vient igil . C'est
un rituel qui consiste à fixer un filet (ahmmal) dans un
coin de la chambre nuptiale sur lequel on étend les
vêtements des deux mariés. C'est à ce moment
qu'on procède à une nouvelle application du
henné de la mariée, azlay ; et qu'on la revêt
de ses nouvelles habilles. Juste après, il appartint
à son mari de lui couper les cheveux de la frange,
tawnza.
Le jour qui suit, dit ass n-brkouks (le jour du couscous à
gros grains), on assiste à un rituel consistant à
jeter des pièces d'argent au milieu d'une assemblée
de garçons et de jeunes files. Chacun jette ses oboles et
prétendant acheter une personne de l'autre sexe en
prononçant : sgig flan, c'est à dire j'ai
acheté telle personne. On ne donne aucune signification
à ce rituel ; on le considère comme simple jeu. Le
plateau contenant les oboles doit être encore une fois
apporté à la mariée qui en donne une part
à sa tanbdatt.
Le troisième jour du mariage, on applique encore une fois du
henné à la
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